1ère semaine en Tasmanie : l'Overland Track !
Du 21 mars au 5 avril, nous sommes allés en Tasmanie, une île grande comme la Suisse au Sud Est du continent australien. Toutes les personnes qui y sont allées étaient unanimes : la Tasmanie, c’est super ! De la nature à perte de vue, des animaux en masse et de l’air vraiment pur. Nous avons donc eu envie de nous faire notre propre opinion sur place.
Au programme de notre 1ère semaine, l’Overland Track, un trek « mythique » de 5/6 jours reliant Cradle Mountain au Lake St Clair, en complète autonomie (on devait emmener notre nourriture pour la semaine, pas de douche avant l’arrivée, des vêtements pour faire face à tout type de temps, un fusil de chasse pour se défendre en cas d’attaque d’animaux dangereux, … euh non en fait pas besoin de fusil, mais pour les animaux dangereux, on vous racontera ça plus loin !). Bref, une semaine sportive (en moyenne 15km de marche par jour avec un gros sac à dos qui finit par devenir une extension de soi), préparée depuis pas mal de temps, grâce aux conseils précieux d’Emilie, qui l’a fait l’année dernière avec FX (apparemment un de leurs meilleurs souvenirs de leur trip de 8 mois autour de l’Australie !).
Malgré notre préparation, on avait un peu d’appréhension au départ, car nous n’avions jamais fait ce genre de trek auparavant. De plus, il n’y a pas de réseau en cas de problème durant toute la marche et il pleuvait des cordes durant notre trajet en bus jusqu’au début de la marche. Bref, quand on sort du bus, qu’il est 12h30 et qu’on a environ 7h de marche devant nous (sachant que le soleil se couche vers 19h30), on ne fait pas trop les malins !
En attendant la navette qui nous amène au départ de la marche, la pluie vient tout juste de s'arrêter !

Heureusement, cette 1ère journée est riche en panorama : Crater Lake, Marions Lookout et l’ascension de Cradle Mountain (un peu dangereuse … d’ailleurs, So se froissera l’épaule lors d’une chute au sommet : la roche était glissante suite aux averses matinales, ce qui ne nous empêche pourtant pas de continuer). Nous arrivons exténués au refuge juste avant la tombée de la nuit : 7h de marche, 2 ascensions (dont une avec le sac à dos), … ça calme d’emblée. Nous apercevons notre 1er wombat (en fait le seul de notre périple en Tasmanie) alors que nous préparons notre repas déshydraté du soir (malheureusement, nous n’avons pas eu le temps d’immortaliser ce beau moment par une photo). C’est bien mignon un wombat (allez sur Wikipédia si vous voulez voir à quoi ça ressemble !). Durant la 1ère nuit au refuge, on expérimente ce qui avait été décrit dans les guides : les attaques nocturnes des opossums, qui grattent la hutte pour entrer et manger notre nourriture. Heureusement, les bestioles n’arrivent pas à rentrer mais quel vacarme ! Sales bêtes ces opossums !
Au départ de l'Overland Track


"Yes, on va marcher plus de 80 km, youhou !!"

Crater Lake



Marions Lookout



Cradle Mountain So en pleine ascension


Au sommet de Cradle Mountain

1ère hutte : Waterfall Valley Hut


Le 2ème jour sera le plus difficile du trek car nous faisons 2 étapes en un jour. Résultat : 26km de marche ; une 1ère étape agréable avec des paysages assez particuliers et une 2ème étape bien difficile en raison des passages en forêt extrêmement boueux (l’achat de nos guêtres est rentabilisé en une journée !), qui nous fatiguent et nous ralentissent considérablement. Mais aujourd’hui encore, les paysages sont très jolis. A notre arrivée à la hutte, nous apercevons pas mal de wallabies. Clairement, ce soir, nous sommes crevés et planifions une journée relax pour le lendemain.
Une "autoroute" (Détrompez-vous, ce n'est pas toujours comme ça, d'où ce surnom d'autoroute car ce type de chemin nous soulageait bcp) - Exemple de paysage que nous pouvions rencontrer


Fantomatique, non ? !






Passage en forêt (pas des plus drôles !) et rencontre déplaisante avec la boue !


Comme prévu, le 3ème jour est plus « cool ». On se réveille vers 6h30 (car à 6h, tout le monde se met en activité dans la refuge) mais on prend notre temps, on se fait un gros petit-déjeuner (on ne finira d’ailleurs pas tout le porridge) et on va flâner aux alentours du refuge pour aller voir un pont suspendu (qui ne s’avèrera pas vraiment mythique). On se met finalement en route vers 11h, sous un beau soleil. On ne marchera que 3h aujourd’hui car l’ascension du Mont Ossa ne parait pas très intéressante : il y avait beaucoup trop de nuages pour voir quoique ce soit au sommet, et depuis la chute de So en haut de Cradle Mountain, on essaye d’y aller cool niveau ascension possiblement dangereuse non obligatoire. On arrive au refuge vers 15h, ce qui nous fait un peu bizarre étant donné que nous sommes arrivés à la tombée de la nuit les 2 jours précédents. Ce soir, nous avons droit à un coucher de soleil magnifique : admirez les photos !
Nous voilà nez à nez avec un petit wallabie bien rondouillet : est-ce une femelle enceinte ??!!

Au départ de l'ascension du Mont Ossa (que nous n'avons pas faite). Nous sommes à 1100m, bandeau et polaires sont de rigueur ! Nous sommes en train de préparer notre petite soupe pour nous réchauffer.




Le 4ème jour est d’une difficulté moyenne : environ 5h de marche, sans gros dénivelé, mais comme on commence à accumuler un peu de fatigue, ça nous va bien. La marche se fait essentiellement dans la forêt ce qui présente finalement assez peu d’intérêt au niveau des panoramas. En revanche, nous allons voir plusieurs chutes d’eau assez sympathiques. Sur le chemin vers la 3ème chute, So tombe nez-à-nez avec un gros serpent noir (un Tiger Snake après recherches, mortel bien sûr, comme la plupart des serpents en Tasmanie), enroulé, mais qui prendra heureusement la fuite en la voyant. Comme on ne se sentait pas en sécurité au milieu de cette végétation dense, on décide de prendre nous aussi la fuite (et abandonnons donc l’idée de la 3ème chute d’eau). Sur le chemin du retour, je mets le pied à 10cm d’un autre serpent, vert cette fois ci, mais bien plus petit que le 1er. Celui-ci est en plein milieu de l’unique chemin, entre So (qui est derrière) et moi. Nous n’avons pas le choix : après une seconde d’hésitation et une peur intense (« j’avance ou non ?!!» dixit So), on tape du pied en passant à côté de lui, tout en le voyant sortir sa petite langue, mais il restera sur place, sans bouger… bref, ça sera le « snake festival » aujourd’hui. Ce 4ème jour sera aussi celui des 1ères gouttes d’eau : heureusement pas de grosses pluies, mais tout de même, marcher sous l’eau, c’est moins sexy. La hutte de ce soir est royale : spacieuse, neuve, propre, mais il fait toujours aussi froid le soir (autorisation d'utiliser le poêle en dessous de 10°C uniquement, malheureusement pour nous, il faisait toujours environ 12 °C !!!!) !


Le 5ème jour sera clairement le moins drôle de ce trek, tout d’abord car So a une douleur importante à la cheville (sans doute le frottement continu de la chaussure sur le tendon). Un mec nous donne généreusement des anti-inflammatoires qui soulagent So le temps de rejoindre la prochaine hutte (en fait, sans anti-inflammatoires, elle n’arrivait pas du tout à marcher). So se bat bien contre la douleur (elle n'a jamais marché aussi vite de toute la semaine !), mais un 2ème handicap arrive : la pluie ! Bien plus importante que la veille, ce qui est bien dommage car apparemment, les paysages de cette dernière étape sont aussi jolis (bien que différents) que ceux du 1er jour. On ne profite donc que peu du paysage car nous marchons vite, avec une idée en tête : rejoindre la prochaine hutte pour pouvoir prendre le ferry qui traverse le Lake St Clair et ainsi terminer l’Overland Track en 5 jours (au lieu de 6 initialement prévus). Ca sera chose faite. La traversée en ferry est d’ailleurs bien drôle car l’embarcation bouge pas mal, ce qui nous offre une fin de trek assez fun.
Résidente permanente de la dernière hutte - Après la pluie vient le beau temps !


Nous terminons donc l’Overland Track en 5 jours, ayant parcouru plus de 80km au milieu du Park National de Cradle Mountain. Une expérience inoubliable, qui nous a clairement donné envie de recommencer un jour. De la nature à perte de vue, des animaux plus ou moins gentils, des plaisirs simples (un bon repas chaud, même si déshydraté !, le soir après une journée de marche par exemple), une météo plutôt correcte, des rencontres intéressantes (nous avons essentiellement rencontré des gens plus âgés et plus aguerris, qui nous ont pour la plupart conseillé des marches en France et en Europe, tous surpris d'apprendre que ce treck était une première pour nous).
Ce fut une très belle aventure, encore une fois différente de nos escapades précédentes en Australie, que nous recommandons à tous ceux qui apprécient le challenge et la nature. Le chemin est bien balisé, les huttes bien entretenues (un ranger est présent dans chaque hutte), il n'y pas autant de monde que ce qu'on pourrait penser vue la popularité de ce treck (en fait, nous retrouvions souvent les marcheurs le soir à la hutte, mais nous avions l'impression d'être seuls et tranquilles pendant les journées de marche) et les conseils que l’on peut trouver sur Internet ou lors de l’inscription sont clairs et utiles, ce qui en fait au final une aventure accessible aux petits aventuriers que nous sommes.